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PSE GSK : POURQUOI LA CGT NE CAUTIONNE PAS

Le 21 octobre 2013, lors de la première rencontre avec la Direction suite à l’annonce de la restructuration, la CGT avait indiqué qu'elle ne signerait aucun document validant une destruction d'emplois, qui plus est dans un contexte qui n'a rien à voir avec une quelconque difficulté économique de GSK.

Fin décembre 2013, la CGT a souscrit à un contre-projet (Appelé Plateforme Intersyndicale) qui devait permettre par un processus de volontariat qu’aucun contrat de travail ne soit rompu de manière contrainte.

La Direction, sans le refuser ouvertement, a demandé aux Organisations Syndicales quelles seraient leurs contreparties en échange du contre-projet, c’est-à-dire en échange du processus visant à éviter les départs contraints.

La contrepartie demandée par la Direction a été alors l’acceptation par les Organisations Syndicales de ses catégories professionnelles et de ses critères d’ordre, manière très subtile de rejeter en bloc le contre-projet intersyndical.

Ce « marché » s’est donc avéré être « perdant /gagnant ». En effet, ni un abandon de la conception inéquitable des catégories professionnelles, ni un meilleur équilibre des critères d’ordre de licenciement, n’ont été obtenus.

En revanche, la Direction obtenait que la négociation se poursuive mais sur ses propres positions.

Avec l’aide du cabinet Syndex et de salariés issus des activités impactées, les élus ont obtenu le maintien ou la création d’une vingtaine de postes sur 40 demandés par les Organisations Syndicales, mais ce gain reste insuffisant au regard des enjeux, notamment pour ce qui est du Médical qui perd une maitrise scientifique des questions complexes provenant des professionnels de santé (Disparition des Spécialistes à l’Information Médicale) et un support documentaire indispensable à la bonne instruction des cas de Pharmacovigilance.

Les négociations se sont alors cristallisées autour d’un budget global qui devait être équivalent à celui du plan de 2010.

Là encore, s’il y a eu consensus, il est à relativiser au regard de la situation économique globalement plus catastrophique aujourd’hui qu’en 2010. Nous prendront comme référence les 54 PSE répertoriés au niveau de notre branche professionnelle, représentant quelques 12000 suppressions d’emplois.

Ce budget s’avère insuffisant pour permettre une large ouverture à des mesures d’âge permettant de maintenir un maximum d’emplois chez GSK.

Le principe de la dégressivité de la rente de CAA en fonction du niveau de salaire a donc été adopté dans un périmètre restreint de 48 CAA, ceci aboutissant a priori mais pas à coup sûr à dégager des marges budgétaires pour plus de mesures de reclassement notamment.

Dans le même ordre d’idée, la Direction compte sur l’acceptation d’un certain nombre d’avenants pour pouvoir dégager du budget à injecter au plan.

Sur ce dernier point la CGT craint que des pressions viennent de part et d’autres pour inciter des salariés concernées à accepter une modification de leurs contrats et/ou de leurs conditions de travail.

Sur le plan social (Livre 1) :

La CGT prend acte de l’amélioration relative du projet de PSE obtenue par la négociation tout en soulignant par ailleurs que nous sommes partis de très bas…

Mais la CGT estime …

  • que nous sommes très éloignés des exigences partagées par toutes les Organisations Syndicales sur une réduction des départs contraints.
  • que les avancées obtenues ne sont pas suffisantes pour raisonnablement accepter des catégories professionnelles qui désignent de façon quasi nominatives les suppressions de postes.
  • que les critères d’ordre de licenciement laissent une place trop importante aux critères professionnels (Les critères professionnels pèsent pour 2/3 et les critères sociaux pour 1/3).
  • que l’entreprise ne s’engage pas en proposant au moins une OVE (Offre Valable d’Emploi) ferme aux salariés en Congé de reclassement. Rappelons que la Cour de Cassation élargit l’obligation de reclassement pesant sur les employeurs dans le cadre des licenciements économiques.
  • que le plan actuel ne fait qu’aggraver les conditions de travail déjà dégradées depuis le dernier Plan (Augmentation de la taille des secteurs géographiques des visiteurs médicaux ; augmentation de la charge de travail du Siège…).
  • que l’accord sur le PSE est rédigé de telle sorte que sa signature vaut acceptation du plan de la direction qui aboutit à des suppressions nettes d’emplois.

Sur le plan économique (Livre 2) :

  • Il a été démontré que même sans ce PSE, GSK resterait très profitable en France malgré une perte de 1% par an sur sa marge brute.
  • GSK est en bonne santé financière, nous en voulons pour preuve sa capacité à toujours verser des dividendes aux actionnaires.

Pour ces raisons la CGT a décidé de ne pas signer l’accord.

Néanmoins, la CGT pourrait être amenée à revoir sa position par la signature d’un possible avenant à l’accord, sous les conditions suivantes :

  • Que la Direction accepte de réactiver sur un temps adapté le volontariat par substitution afin de maintenir l’emploi de salariés en reclassement.
  • Que la Direction permette aux salariés fragiles socialement de conserver des ressources jusqu’à leur reclassement effectif.
  • Que GSK ouvre rapidement des négociations avec les Organisations Syndicales pour la mise en place d’une véritable « sécurité sociale professionnelle » permettant aux salariés devenus demandeurs d’emploi suite aux différents plans sociaux mis en place sur l’UES d’avoir une garantie de ressources minimales.

DÉCLARATION FAITE AU CCUES DU 25 MARS 2014

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