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Le rapport de l'IGAS: http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000703/0000.pdf


Exclusif Le Porte-Voix. 


Le rapport de l'IGAS sur l'information des médecins généralistes sur le médicament mis en ligne en octobre dernier et largement commenté ensuite par la presse, désigne la Visite Médicale et son action auprès du corps médical comme le facteur principal des dépenses pléthoriques de santé. En septembre l'UFC avait déjà pointé laboratoires et médecins les accusant de "miner" les comptes de la sécurité sociale. Il est intéressant de constater que l'association de consommateurs arrivait déjà à des conclusions similaires à celles des inspecteurs de l'IGAS : mettre en place un corps de délégués sous la responsabilité de la Haute Autorité de Santé pour contrebalancer l'action promotionnelle des laboratoires pharmaceutiques et ainsi donner aux médecins une information "objective" sur les médicaments.

L'IGAS donne cependant des chiffres démontrant que les médecins apprécient globalement la visite médicale. Faute de mieux, certes ! En effet, 55 % des praticiens la considèrent comme une source indispensable d'information et 72% ont plutôt une bonne image de la profession.

Or la Visite Médicale, selon l'IGAS, "financée en fait par la collectivité à travers les prix administrés du médicament", reste un médium particulièrement coûteux : 25000 euros par généraliste et par an.

L'objectif des auteurs du rapport est sans détours : créer les conditions permettant une baisse drastique des dépenses de promotion (celles-ci se chiffrent à 3 milliard d'euros par an, soit 12 % du CA des laboratoires.)

Le LEEM (syndicat patronal de l'Industrie Pharmaceutique) met en doute la crédibilité de ce rapport et soupçonne ses auteurs de "s'abriter derrière l'autorité publique pour délivrer une charge contre l'action de l'industrie et sa légitimité, pour des raisons d'opposition de principe à l'initiative privée en ce domaine."

Mais si les VM sont clairement désignés comme les boucs émissaires d'une situation dont ils ne sont en réalité que l'instrument, aucune voix du landerneau ne s'élève pour mettre en cause leurs patrons et les investisseurs de l'industrie pharmaceutique qui ont pendant des années privilégié à outrance le Chiffre d'Affaire au détriment de l'éthique et des bonnes pratiques.

Ce sont les intéressés eux-mêmes qui le disent : "les visiteurs minimisent les risques des médicaments, dérapent sur les indications, ne présentent pas toujours le résumé des caractéristiques du produit, la charte de la visite médicale n'est presque jamais respectée  etc."

Après le développements des génériques, les chutes de brevets, les aléas en termes d'effets secondaires de certains médicaments phares…, les dérives promotionnelles du médicament et ses corrollaires viennent inexorablement accélérer la baisse des effectifs de la Visite Médicale, obligeant l'industrie à réfléchir à des stratégies permettant de maintenir sa profitabilité.  

Déjà les premières conclusions des discussions syndicats/LEEM sur l'évolution des métiers de la promotion laissent entrevoir la volonté de l'Industrie de s'attaquer à la finalité même du métier de Visiteur Médical telle qu'elle a été définie dans la Convention Collective Nationale : Informateur médical, ou commercial ? Affaire à suivre.

 

  •   L'antidote e-bulletin du snicic-cgt de GSK

 

Tag(s) : #L'AIR DU TEMPS

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